Moldavian composer and violonist born in 1977 in Chisinau.
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Patricia Kopatchinskaja grandit dans un environnement musical omniprésent : ses parents sont musiciens folkloriques (sa mère est violoniste, son père est cymbaliste) et sa grand-mère chanteuse. Elle développe très tôt son monde imaginaire, apprend à jouer du violon dès l’âge de 6 ans ainsi que du piano et compose à partir de l’adolescence.
En 1989, sa famille fuit le régime soviétique et s’installe à Vienne. Elle intègre à 17 ans l’Académie de musique et des arts du spectacle où elle étudie la composition auprès de Iván Eröd, ainsi que le violon. Elle découvre dès lors la Seconde école de Vienne, et notamment Arnold Schoenberg, ce qui prend pour elle la forme d’une révélation et la libère de la tradition musicale.
À la faveur d’une bourse d’étude, elle poursuit sa formation à la Hochschule der Künste de Bern pendant deux ans auprès du violoniste hongrois Igor Ozim avec qui elle perfectionne sa technique et son approche artistique.
Grâce à son parcours, Kopatchinskaja s’illustre dans des répertoires diversifiés allant de la musique classique et baroque à la musique contemporaine, tout en réinterprétant des chefs d’œuvre modernes. Dévouée à jouer et à promouvoir la musique contemporaine, elle collabore étroitement avec des compositeurs vivants tels que György Kurtág, Esa-Pekka Salonen, Vanessa Lann, Márton Illés, Luca Francesconi, Michael Hersch ou encore Fazil Say en interprétant leurs pièces lors de premières mondiales.
À la fois interprète soliste et compositrice (elle signe sous le pseudonyme de PatKop), l’artiste s’engage à élargir le répertoire de la musique pour violon. Elle cherche à aller au cœur de la musique, de manière à la rendre accessible auprès du grand public tout en laissant à entendre tout ce qu’elle avait de surprenant ou de révolutionnaire à sa création.
Kopatchinskaja se distingue par son approche anticonformiste, son goût pour l’expérimentation et l’improvisation, son énergie expressive, sa spontanéité, sa fantaisie et l’audace de ses projets artistiques. Sa musique mêle également les différentes périodes de l’histoire de la musique, est incisive sur le plan rythmique et l'intrumentarium est inventif.
L’année 2020 marque un tournant dans la carrière de Kopatchinskaja : avant cette date elle était avant tout violoniste, mais l’annulation de tournées et représentations artistiques en raison de la pandémie de Covid-19 lui donne l’opportunité d’investir son temps libre pour composer.
De ces nombreuses collaborations artistiques émergent des projets musicaux audacieux. Avec Pierrot Lunaire, Kopatchinskaja propose une version très personnelle de la pièce d’Arnold Schönberg. Elle y délaisse le violon pour l’interprétation vocale avec le sprechgesang et y mêle chant, jeu théâtral et improvisation. Elle y incarne Pierrot avec une intensité dramatique et une liberté gestuelle.
Avec son projet Im Namen des Friedens (Au nom de la paix), Kopatchinskaja explore une nouvelle forme de concert où la frontière entre la scène et le public s’estompe. Ce projet, qui est un plaidoyer pour la paix, réfléchit sur des siècles de souffrance causée par la guerre à travers des œuvres qui mêlent les époques allant de Claudio Monteverdi à György Kurtág, entrecoupés d’extraits de textes lus.
Présenté comme les moteurs de notre autodestruction, le projet Dies Irae est conçu pour offrir une réflexion musicale sur les conséquences du réchauffement climatique, les guerres de ressources et la crise des réfugiés. A mi-chemin entre concert et installation, cette œuvre puise dans la musique du chant grégorien à la musique contemporaine avec des œuvres de Heinrich Ignaz Franz Biber, George Crumb, Galina Ustvolskaïa ou encore Jimi Hendrix.
Ces dernières saisons, elle a été l’invité de résidences artistiques majeures tels qu’au Konzerthaus Berlin (2016-2017), au festival de Lucerne et au Wigmore Hall (2017), au Ojai Music Festival (2018), à Radio France et au SWR Symphony Orchestra (2020-2021), au Gstaad Menuhin Festival (2023), au Southbank Centre de Londres (2023-2024), au Klarafestival et au festival international de musique du Printemps de Prague (Pražské jaro) (2025) ou encore au Barbican Centre à Londres (2025-2026).
Elle occupe le poste de partenaire artistique d’orchestres de renom tels que Saint Paul Chamber Orchestra (2014-2018) et SWR Symphony Orchestra (2024-2025). Depuis 2018, elle dirige la Camerata de Bern et passe des commandes auprès de compositeurs, tels que Alexey Retinsky. Elle a également été artiste associée du SWR Experimentalstudio (2023-2024).
Ses compositions sont interprétées par des orchestres, ensembles et solistes renommés parmi lesquels l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Cello Octet Amsterdam, le Trio Gaspard, les violoncellistes Sol Gabetta et Nicolas Altstaedt, les violonistes Vilde Frang et Merel Vercammen, ainsi que les pianistes Fazil Say et Lukas Sternath.
Ses œuvres sont également présentées dans le cadre de festivals tels que Lucerne Festival Forward (Suisse), Gstaad Menuhin Festival (Suisse) ou encore SNAAR Festival (Pays-Bas).
Elle reçoit des commandes d’institutions musicales, festivals et ensembles prestigieux parmi lesquels l’Ircam, le Konzerthaus de Vienne ou encore l’Orchestra della Svizzera italiana.
A côté de ses nombreux projets artistiques, Kopatchinskaja n’hésite pas à transmettre son savoir à la nouvelle génération d’artistes au travers notamment de masterclass, par exemple au Longy School of Music of Bard College (Cambridge, États-Unis) et au Guildhall School of Music and Drama de Londres.
Ses partitions sont publiées par les éditions Birdsong.
Prix et distinctions :
Sites de la compositrice, de Birdsong, de Radio France et de la Philharmonie de Bruxelles.
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