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flûte (aussi flûte piccolo, flûte alto, cloche), hautbois (aussi cor anglais, tambourin), clarinette (aussi clarinette en mib, clarinette basse, sistre), trompette [aussi en mi] (aussi guiro), trombone (aussi maracas), 2 percussionnistes, piano [préparé à 4 mains], violon, violon II, alto, 2 violoncelles, contrebasse
Allemagne, Berlin, Konzerthaus, Großer Saal
l'ensemble Modern, direction : Johannes Kalitzke.
France, Paris, Cité de la musique
l'Ensemble intercontemporain, direction : Susanna Mälkki.
La première version dure 14 minutes, la deuxième 24.
Le mot « gougalōn » provient de l’allemand ancien et a plusieurs significations : « entourlouper », mais aussi « faire des mouvements ridicules », ou encore « duper quelqu’un par la magie, pratiquer la divination ».
Le titre fait référence à un moment tout à fait inattendu de ma vie, digne d’une œuvre de Proust. C’était lors de mon premier séjour en Chine en 2008, au cours duquel j’ai visité Hong Kong et Guangzhou. L’atmosphère des vieux quartiers résidentiels défavorisés, avec leurs ruelles étroites et sinueuses, leurs stands de restauration et leurs marchés – le tout à quelques pas des écrans géants, des immeubles ultramodernes et des centres commerciaux scintillants – m’a rappelé des souvenirs d’enfance oubliés depuis longtemps. Cela m’a rappelé le Séoul des années 1960, au lendemain de la guerre de Corée, avant que le pays ne connaisse une modernisation radicale. Des conditions de vie qui n’existent plus dans la Corée du Sud d’aujourd’hui.
Je me rappelais tout particulièrement une troupe d’artistes que j’avais souvent vue dans la banlieue de Séoul étant enfant. Ces musiciens et acteurs amateurs voyageaient de village en village pour vendre aux habitants des remèdes « faits-maison », qui étaient, au mieux, inefficaces. Pour appâter les villageois, ils jouaient des spectacles mettant en scène du chant, de la danse et des acrobaties. (Je me souviens encore que l’intrigue impliquait presque toujours une histoire d’amour à sens unique qui se concluait inévitablement par le suicide de l’héroïne). Ces spectacles, bien qu’ils étaient toujours profondément tintés d’amateurisme et de kitsch, suscitaient des émotions très fortes au sein du public. Cela n’a rien de surprenant, quand on considère qu’ils consitituaient souvent la seule source de divertissement dans un quotidien marqué par la pauvreté et la répression [...] Tout le village se réunissait alors pour assister à ces
« grands événements », occasions dont profitaient diseuses de bonne aventure, tous types de charlatans et marchands ambulants. Parmi eux figuraient aussi des perruquiers, auprès desquels les jeunes filles pouvaient se faire un peu d’argent en sacrifiant leurs jolies couettes.
Cette pièce ne cherche cependant pas à être une représentation concrète de la musique dilettante et miteuse de ce théâtre de rue. Les souvenirs évoqués plus tôt ne servent qu’à donner un contexte, tout comme les titres choisis pour les différents mouvements. Gougalōn évoque une musique populaire imaginaire stylisée, fracturée et primitive seulement en apparence.
Cette fiche œuvre a valeur encyclopédique, elle ne reflète pas les collections de la médiathèque de l'Ircam. Veuillez vous référer aux fiches "partitions".
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