percussionniste
États-Unis, Los Angeles County Museum of Art
Steven Schick.
J’ai toujours jalousé le rapport sensuel que les peintres et sculpteurs entretiennent avec le matériau de leur art. La substance véritable dela musique semble toujours inatteignable, même si elle demeure un phénomène essentiellement tactile. Il y a quelques années, j’ai composé Strange and Sacred Noise, cycle pour quatuor de percussions qui célèbre le bruit : bruit musical et bruit de la nature. L’une de ces pièces bruiteuses est écrite pour quatre tam-tams, dont les ondes de périodes variées parviennent à un moment à la synchronicité, l’ajout des différentes phases produisant un énorme tsunami de sons. Quand j’ai entendu pour la première fois cette pièce (écrite et créée par le merveilleux Groupe de Percussion de Cincinnati), j’ai été saisi. Au beau milieu de cette masse dense de bruits tous azimuts, j’ai distingué des voix — comme une chorale qui chanterait de longues tenues. J’ai appelé ces voix « voix d’ange ». Et j’ai voulu les entendre seules… J’ai commencé par composer un nouveau cycle de quatuors. Steven Schick est venu en Alaska pour enregistrer ces pièces, en captant chaque partie séparément. J’ai ensuite mixé les pistes et commencé à les filtrer, comme je l’avais fait auparavant avec les tam-tams. J’ai ainsi obtenu une séries d’« auras » directement issues de la résonance interne des instrument seux-mêmes. Enfin, j’ai composé une séries de solos destinées à être exécutés au sein de ces champs sonores.
Tous les instruments de Resonant Bodies sont des accessoires — des instruments sans hauteur précise. Ce sont des instruments génériques : caisses claires, toms, grosse caisse, cymbales, tam-tams sont monnaie courante dans la percussion occidentale. Et bien que chaque instrument ait un son différent, ils se ressemblent tous, de près ou de loin. C’est donc le percussionniste (avec ses baguettes ou ses doigts) qui les fait sonner différemment, et leur donne un nom propre et un profil sonore singulier. Tout comme l’auditeur, le soliste est ici une figure solitaire traversant divers paysages de résonance.
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Composé par John Luther Adams , concert du 12 juin 2013
Ceci est un extrait. La version complète est disponible à la médiathèque de l'IRCAM.
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