June 3, 2025
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L’émergence en France d’une nouvelle communauté autour de l’informatique musicale trouve son origine dans des trajectoires plurielles, attirant musiciens, électroniciens, musicologues,informaticiens… Ces acteurs initient de nouvelles structures à partir de leur ancrage disciplinaire propre. Du côté des scientifiques, le Centre universitaire expérimental de Vincennes – fondé à la suite des mouvements étudiants du printemps 1968 pour canaliser les aspirations contestataires – abrite une initiative pionnière qui reste aujourd’hui relativement méconnue : le Groupe art et informatique de Vincennes (GAIV). Celui-ci attire, à un moment où l’informatique musicale est en voie de constitution, des personnalités aux parcours très hétérogènes – de la linguistique à la psychiatrie, en passant par l’ethnologie ou le jazz – que rassemble une exploration commune de l’outil informatique et de ses potentialités artistiques. Si les musiciens du GAIV privilégient une approche centrée sur les outils issus de l’intelligence artificielle symbolique, ils s’intéressent aussi à la synthèse sonore en mettant au point un système hybride de synthèse acoustique avant de s’équiper, à la fin des années 1970,
du tout premier synthétiseur numérique : le Synclavier commercialisé par New England Digital Corporation.
C’est en 1957, au sein des Bell Telephone Laboratories (Bell Labs) dans le New Jersey aux États-Unis, qu’est produite la toute première musique de synthèse – In the Silver Scale de Newman Guttman – à partir d’un programme mis au point par Max Mathews. Il faudra cependant patienter quelques années pour voir émerger les premières œuvres significatives. Le chercheur et compositeur français Jean-Claude Risset, qui travailla au sein des Bell Labs à deux reprises dans les années 1960, figure parmi les illustres pionniers de la computer music. De défricheur, il devint très vite passeur, jouant un rôle crucial dans le développement de l’informatique musicale en France. Où, quand et comment ont donc été produites les premières musiques de synthèse sur le territoire hexagonal ? Qui sont les pionniers du son numérique « à la française » ? C’est pour tenter de répondre à ces quelques questions que sont organisées ces deux journées de colloque et de concert qui seront particulièrement enrichissantes grâce à la participation de plusieurs grands témoins.