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Dès le début de son premier Traité, Rameau assume la nécessité de s’appuyer sur les mathéma- tiques pour justifier son «principe» de «la basse fondamentale». À partir de là il construit les accords parfaits majeur et mineur et conjointement leurs liens avec la progression des basses fondamentales. Cependant il sent immédiatement que « le 5 » de « la tierce mineure » considérée comme identifiée par le rapport 6/5 pose problème pour l’accord mineur, et il estime d’une façon un peu cavalière (car en désaccord avec son «principe») éviter d’éventuelles attaques sur ce point en répétant par trois fois : « ce n’est que pour éviter les fractions » (p. 13, 16 et 21) puis tout au long de ses publications en utilisant l’expression de « tierce mineure directe. »
À côté de cela, l’épineuse question de la « sixte ajoutée » à l’accord de sous-dominante est abordée de façon cohérente (pour le majeur seulement) avec son approche mathématique. Mais d’un autre côté, sa justification mathématique des accords de dominante n’est pas compatible avec son « principe », ce que Rameau cherche à cacher par l’usage de l’expression « son grave » en lieu et place de « basse fondamentale » dans certains de ses schémas (p. 38, 39 et 43 de son Traité de 1722).
Ces questions seront abordées à partir de tous ses écrits, avec des exemples sonores, et confrontées à des ouvrages ultérieurs d’autres auteurs (Catel, Derode, Helmholtz, Schoenberg, entre autres) sous la forme d’un « dialogue avec Jean-Philippe ».
Avec l’aimable participation de Clément Charles pour le personnage de Jean-Philippe.